Panorama des IST en France (2023–2026) : quand se faire dépister, quels tests, et comment s’y retrouver
Dernière mise à jour : janvier 2026. Ce contenu ne remplace pas un avis médical. En cas de symptôme, d’exposition à risque ou de doute, un professionnel de santé est à consulter.
Synthèse courte
- Beaucoup d’IST sont asymptomatiques, au moins au début. Le dépistage sert autant à se rassurer qu’à éviter de transmettre.
- Il existe des fenêtres de dépistage : un test réalisé trop tôt peut être négatif alors que l’infection est présente.
- En France, il est possible d’aller directement au laboratoire sans ordonnance pour un dépistage dans le cadre de Mon test IST. Le VIH est pris en charge à 100 pour cent sans avance de frais pour tous. Les autres IST du dispositif sont sans avance de frais pour les moins de 26 ans.
Bon à savoir
En cas d’exposition à risque VIH, un traitement post exposition doit être débuté le plus tôt possible, idéalement dans les heures qui suivent, au plus tard dans les 48 heures selon les informations grand public de référence.
En pratique, si vous avez eu une prise de risque
- Si l’exposition est très récente (dans les 48 heures) : urgences hospitalières ou CeGIDD si ouvert, pour évaluer l’indication d’un traitement post exposition VIH.
- Si vous avez des symptômes (brûlures urinaires, écoulement, plaie, éruption, douleur pelvienne, fièvre inhabituelle) : ne pas attendre un “bon” délai, il faut consulter.
- Si vous n’avez aucun symptôme : c’est fréquent. Le dépistage reste pertinent, simplement à programmer au bon moment.
- Si vous souhaitez une démarche anonyme et gratuite : privilégier un CeGIDD.
Repères simples de délais après une exposition
Ces repères indiquent des moments “utiles” puis “fiables”, avec une marge de sécurité. Ils ne remplacent pas une indication personnalisée.
| Infection | Quand le test devient utile | Quand un résultat négatif est très rassurant |
|---|---|---|
| VIH prise de sang (test de laboratoire) | Dès quelques semaines | 6 semaines |
| VIH autotest ou TROD | Plus tard | 3 mois |
| Syphilis (prise de sang) | Vers 3 à 6 semaines | Contrôle à 3 mois si test précoce |
| Chlamydia (PCR) | Parfois dès 7 jours | Repère à 2 semaines |
| Gonorrhée (PCR) | Parfois dès quelques jours | Repère à 2 semaines |
| Hépatite B (prise de sang) | Semaines après | Jusqu’à 9 semaines, repère 3 mois |
| Hépatite C (prise de sang) | Semaines après | 3 mois (plus tôt possible selon contexte) |
| Trichomonase (selon tests) | Parfois dès quelques jours | Repère à 2 semaines |
Pour les personnes qui souhaitent le niveau de détail complet :
Pour aller plus loin (liens clés)
- Traitement post exposition VIH (HAS, 2024)
- Dépister le VIH (Assurance Maladie, 2025)
- Mon test IST en laboratoire sans ordonnance (Assurance Maladie, 2025)
Le calendrier simple du dépistage, sans se perdre dans les détails
Étape 1 : tout de suite (J0 à J2)
- Si le risque VIH est jugé significatif, une évaluation en urgence est utile car un traitement post exposition n’a d’intérêt que s’il est commencé très tôt.
Étape 2 : la première quinzaine (environ J7 à J14)
- Pour les IST bactériennes fréquentes (chlamydia, gonorrhée), les tests PCR deviennent souvent informatifs dès la première semaine, et sont classiquement très fiables autour de deux semaines.
- Si vous avez des symptômes, encore une fois, il faut consulter sans attendre une date “parfaite”.
Étape 3 : 6 semaines
- Pour le VIH, un test sanguin de laboratoire négatif est très rassurant si la dernière exposition remonte à au moins 6 semaines.
Étape 4 : 3 mois
- C’est la grande date de “sécurité” pour consolider certains dépistages réalisés tôt, en particulier si la situation était anxiogène, si des expositions multiples ont eu lieu, ou si un professionnel vous le recommande.
Pour aller plus loin (liens clés)
- Recommandations syphilis (HAS, 2025)
- Dépister l’hépatite B (Assurance Maladie, 2025)
- Recommandations hépatite C, fiche synthèse (HAS, 2024)
Les principales IST, en bref (dépistage, traitement, message clé)
L’objectif ici est d’aider à décider et à comprendre, sans transformer l’article en manuel médical.
IST bactériennes le plus souvent guérissables
-
Dépistage : PCR sur prélèvement adapté, souvent urinaire ou génital, parfois selon les pratiques.
-
Traitement : il existe un traitement antibiotique efficace prescrit par un professionnel.
-
Message clé : très souvent silencieuse, mais peut avoir des conséquences si elle persiste, d’où l’intérêt du dépistage.
-
Dépistage : PCR, parfois complétée par une culture selon les situations.
-
Traitement : antibiotique adapté, avec une attention particulière aux résistances.
-
Message clé : consulter rapidement si écoulement ou douleur, et prévenir les partenaires est déterminant.
-
Dépistage : prise de sang, parfois à répéter si elle est faite très tôt après l’exposition.
-
Traitement : efficace lorsqu’il est prescrit et correctement suivi.
-
Message clé : un suivi sérologique est souvent prévu après traitement, ce n’est pas un “détail administratif”, c’est la preuve que tout va bien.
-
Dépistage : tests spécifiques, souvent sur indication clinique ou contexte.
-
Traitement : possible, mais parfois à adapter selon la situation et les résistances.
-
Message clé : en cas de symptômes persistants malgré des tests “habituels” négatifs, un avis médical peut orienter vers ces recherches.
IST virales, logique différente
-
Dépistage : prise de sang en laboratoire, et options rapides ou à domicile, avec des délais de fiabilité différents.
-
Traitement : il n’existe pas de guérison simple, mais les traitements permettent aujourd’hui de contrôler durablement le virus, avec un bénéfice majeur pour la santé et la prévention.
-
Message clé : se dépister, c’est aussi accéder tôt aux soins.
-
Dépistage : prise de sang.
-
Traitement : la prise en charge dépend du stade, avec un suivi médical.
-
Message clé : la vaccination est une prévention très efficace, et elle peut être proposée selon les recommandations.
-
Dépistage : prise de sang, parfois complétée par une recherche du virus.
-
Traitement : les traitements actuels sont très efficaces, avec un objectif de guérison virologique.
-
Message clé : se dépister a du sens car il existe une prise en charge curative dans la majorité des situations.
-
Dépistage : le test le plus utile est réalisé lorsqu’il existe des lésions, le plus tôt possible.
-
Traitement : les antiviraux réduisent la durée et l’intensité des symptômes, sans éliminer définitivement le virus.
-
Message clé : en cas de doute sur une lésion, une consultation rapide améliore la prise en charge.
-
Dépistage : ce n’est pas un “test après un rapport”. Il s’inscrit surtout dans le dépistage organisé du col de l’utérus selon l’âge.
-
Traitement : on traite les lésions si nécessaire, pas “le virus” en tant que tel.
-
Message clé : vaccination et dépistage sont complémentaires.
Pour aller plus loin
- Syphilis, recommandations HAS (2025)
- Chlamydia, recommandations HAS (2025)
- VIH, dépistage et délais (Assurance Maladie, 2025)
Où se faire dépister en France, concrètement
En laboratoire, sans ordonnance : Mon test IST
Vous pouvez vous présenter et demander un dépistage dans le cadre de Mon test IST. Un autoquestionnaire aide à proposer les prélèvements adaptés.
- Infections concernées : VIH, hépatite B, syphilis, gonorrhée, chlamydia.
- Prise en charge : VIH sans avance de frais pour tous, autres IST sans avance de frais pour les moins de 26 ans, et remboursement habituel au-delà.
En CeGIDD
Les CeGIDD proposent information, dépistage, diagnostic et certaines prises en charge. L’anonymat peut être choisi.
Chez un médecin, une sage-femme, ou à l’hôpital
C’est souvent l’option la plus simple si vous avez des symptômes, si vous êtes enceinte, si vous avez besoin d’un examen clinique, ou si un dépistage “sur mesure” est nécessaire.
Pour aller plus loin
- Mon test IST, modalités officielles
- Définition et missions des CeGIDD
- Dépister le VIH
Conclusion : une logique simple, sans surenchère
Une situation à risque n’oblige pas à vivre plusieurs mois dans l’angoisse, mais elle mérite une stratégie claire.
- Si l’exposition est récente et préoccupante : évaluation rapide, surtout pour le VIH.
- Ensuite : dépistage programmé en fonction des fenêtres, avec un repère fort à 6 semaines pour la prise de sang VIH, et un repère souvent rassurant à 3 mois pour consolider selon les contextes.
- Enfin : si un test est positif, l’enjeu n’est pas de “se débrouiller”, c’est d’être orienté vers une prise en charge adaptée, ce que le système français organise via les laboratoires, les CeGIDD et les soignants.
FAQ
Cela dépend de l’infection et du test. Les repères les plus pratiques à retenir sont ceux de votre tableau
-
chlamydia et gonorrhée, repère à 2 semaines
-
VIH prise de sang en laboratoire, repère à 6 semaines
-
syphilis, utile vers quelques semaines, contrôle souvent proposé si fait très tôt
-
hépatites, repères plus tardifs, selon les cas
En cas d’expositions répétées sur plusieurs semaines, un professionnel peut proposer un calendrier personnalisé.
Non. Si vous avez une douleur, un écoulement, une plaie, une éruption, une fièvre inhabituelle, une douleur pelvienne, il est préférable de consulter sans attendre. Un examen clinique peut orienter les tests les plus pertinents, et certains prélèvements sont utiles dès l’apparition des signes.
Selon le contexte, oui. En France, le traitement post exposition VIH doit être commencé le plus tôt possible, idéalement dans les heures qui suivent, au plus tard dans les 48 heures. Dans ce délai, il faut se diriger vers un service d’urgences hospitalières ouvert 24 h sur 24, ou un CeGIDD si ouvert et en capacité de vous recevoir.
Trois options, selon vos besoins
-
laboratoire avec “Mon test IST”, sans ordonnance et sans rendez-vous
-
CeGIDD si vous souhaitez la gratuité et l’anonymat
-
médecin ou sage-femme si vous avez des symptômes, une situation particulière, ou besoin d’un examen clinique
Avec “Mon test IST” au laboratoire
-
pour les moins de 26 ans, dépistage des 5 IST du dispositif pris en charge à 100 pour cent, sans avance de frais
-
à partir de 26 ans, le VIH reste pris en charge à 100 pour cent sans avance de frais, et les autres IST sont remboursées selon les règles habituelles
Pour la gratuité et l’anonymat, l’option de référence reste le CeGIDD.
On peut couvrir l’essentiel, mais pas toujours “tout” avec une seule prise de sang. Certaines IST nécessitent des prélèvements spécifiques selon les pratiques, par exemple au niveau génital, anal ou de la gorge, selon les types de rapports. L’autoquestionnaire en laboratoire aide justement à orienter les prélèvements adaptés dans le cadre de “Mon test IST”.
Oui, certaines IST peuvent se transmettre lors de rapports oraux. Si vous avez des symptômes de gorge inhabituels ou si vous êtes dans une situation à risque, un dépistage peut nécessiter un prélèvement de gorge en plus ou à la place d’un test urinaire. Un professionnel peut vous orienter.
Le laboratoire ou le professionnel de santé vous contacte et vous oriente. L’enjeu est de confirmer si nécessaire, de proposer un traitement adapté quand il existe, et d’organiser le dépistage des partenaires si indiqué. Le but n’est pas seulement de “traiter”, c’est aussi de prévenir les réinfections et les transmissions.
OUI. C’est l’un des points les plus importants pour limiter la circulation des IST. La manière de prévenir, le délai à considérer, et la nécessité d’un dépistage ou d’un traitement chez les partenaires dépendent de l’IST concernée et de la situation. Si cela vous met en difficulté, les CeGIDD peuvent aider à organiser cette démarche.
Parfois. Certaines situations nécessitent un contrôle, par exemple si le test initial était très précoce, en cas de symptômes persistants, ou selon l’IST et le contexte. Retester peut aussi être proposé à distance pour vérifier l’absence de réinfection.
Pas exactement.
-
HPV, on ne fait pas un “test après un rapport”. Le dépistage s’inscrit surtout dans le dépistage organisé du col de l’utérus selon l’âge, et la prévention repose aussi sur la vaccination.
-
herpès, le test le plus utile se fait surtout en présence de lésions, le plus tôt possible.
Trois leviers simples
-
éviter de multiplier les tests “trop tôt”, qui entretiennent l’incertitude
-
s’appuyer sur un calendrier clair avec une ou deux dates de contrôle maximum
-
demander un avis en CeGIDD ou chez un médecin si l’anxiété devient envahissante, surtout si elle perturbe le sommeil ou le quotidien
Sources
Assurance Maladie. (2025, juin 27). Dépistage du VIH : où, quand et comment. ameli.fr. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/vih/depistage-vih
Assurance Maladie. (2025, septembre 16). Le dépistage des IST en laboratoire, sans ordonnance : le dispositif Mon test IST. ameli.fr. https://www.ameli.fr/laboratoire-analyses-medicales/sante/prevention/depistage-ist-laboratoire-sans-ordonnance-dispositif-mon-test-ist
Assurance Maladie. (n.d.). Mon test IST (informations et orientation). ameli.fr. Consulté le 21 janvier 2026. https://mon-test-ist.ameli.fr/
Assurance Maladie. (2025, décembre 2). Dépistage organisé du cancer du col de l’utérus. ameli.fr. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/cancer-col-uterus/depistage-organise-cancer-col-uterus
France. (2024, juillet 5). Décret n° 2024-725 relatif à la participation des assurés aux frais liés au dépistage de l’infection par le VIH et des autres IST mentionnées à l’article L. 162-13-2 du code de la sécurité sociale. Journal officiel de la République française. Légifrance. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049892047
France. (2024, juillet 8). Arrêté du 8 juillet 2024 fixant la liste des infections sexuellement transmissibles dépistées à la demande du patient en laboratoire de biologie médicale et les modalités de ces dépistages. Journal officiel de la République française. Légifrance. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049908622
France. (n.d.). Code de la santé publique : Section “Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD)”. Légifrance. Consulté le 21 janvier 2026. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072665/LEGISCTA000006190992/
France. (2015, juillet 1). Arrêté du 1er juillet 2015 relatif aux centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD). Journal officiel de la République française. Légifrance. https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000030824409
Haute Autorité de Santé. (2019, juillet 11). Évaluation de la recherche des papillomavirus humains (HPV) en dépistage primaire des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus et place du double immunomarquage p16/Ki67. has-sante.fr. https://www.has-sante.fr/jcms/c_2806160/fr/evaluation-de-la-recherche-des-papillomavirus-humains-hpv-en-depistage-primaire-des-lesions-precancereuses-et-cancereuses-du-col-de-l-uterus-et-de-la-place-du-double-immuno-marquage-p16/ki67
Haute Autorité de Santé. (2024, novembre 14). Prise en charge du patient atteint d’infection à Trichomonas vaginalis (Recommandations). has-sante.fr. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-11/prise_en_charge_du_patient_atteint_dinfection_a_trichomonas_vaginalis_-_recommandations.pdf
Haute Autorité de Santé. (2024, novembre 14). Prise en charge thérapeutique du patient atteint d’herpès génital (Recommandations). has-sante.fr. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-11/prise_en_charge_therapeutique_du_patient_atteint_dherpes_genital_-_recommandations.pdf
Haute Autorité de Santé. (2025, avril 10). Traitement curatif des personnes infectées par Chlamydia trachomatis (Recommandations). has-sante.fr. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-05/traitement_curatif_des_personnes_infectees_par_chlamydia_trachomatis_-_recommandations.pdf
Haute Autorité de Santé. (2025, avril 10). Prise en charge des personnes infectées par Neisseria gonorrhoeae (Recommandations). has-sante.fr. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-05/prise_en_charge_des_personnes_infectees_par_neisseria_gonorrhoeae_-_recommandations.pdf
Haute Autorité de Santé. (2025, avril 10). Traitement curatif des personnes infectées par Mycoplasma genitalium (Recommandations). has-sante.fr. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-05/traitement_curatif_des_personnes_infectees_par_mycoplasma_genitalium_-_recommandations.pdf
Institut national du cancer. (2025, novembre 14). Vaccination contre les cancers HPV. cancer.fr. https://www.cancer.fr/toute-l-information-sur-les-cancers/prevenir-les-risques-de-cancers/vaccination-contre-les-cancers-hpv
Santé.fr. (n.d.). Traitement post-exposition au VIH (TPE). Consulté le 21 janvier 2026. https://www.sante.fr/traitement-post-exposition-au-vih-tpe
Sida Info Service. (n.d.). Quand faire un test VIH. Consulté le 21 janvier 2026. https://www.sida-info-service.org/quand-faire-un-test/
Vaccination Info Service. (2026, janvier 2). Infections à papillomavirus humain (HPV). vaccination-info-service.fr. https://professionnels.vaccination-info-service.fr/Maladies-et-leurs-vaccins/Infections-a-papillomavirus-humain-HPV
Organisation mondiale de la Santé. (n.d.). Infections sexuellement transmissibles (IST). who.int. Consulté le 21 janvier 2026. https://www.who.int/
