Stop-pipi et éjaculation précoce : faut-il interrompre son jet pour mieux se contrôler ?
Pour mieux contrôler son éjaculation, on va peut-être vous conseiller parfois de « muscler votre périnée » en interrompant volontairement votre jet d’urine. L’idée paraît logique, mais elle mélange deux choses différentes : contracter les muscles comme si vous vouliez arrêter d’uriner et interrompre réellement la miction.
Le second exercice, souvent appelé « stop-pipi », n’est pas un traitement validé de l’éjaculation précoce.
Le stop-pipi n’est pas un exercice à répéter
Les exercices du plancher pelvien se réalisent en dehors de la miction. La consigne « contractez comme pour retenir votre urine » peut simplement aider à repérer les bons muscles.
Certains professionnels tolèrent éventuellement un ou deux essais pendant que vous urinez pour identifier cette contraction. Cela ne signifie pas qu’il faut répéter l’exercice à chaque passage aux toilettes. Je vous recommande, tout simplement, de ne pas le réaliser pendant la miction.
Pourquoi cette prudence ? Une petite étude menée chez 20 femmes sans trouble urinaire a montré que des interruptions répétées du jet rendaient la vidange de la vessie moins efficace sur le moment, avec davantage d’urine restant après la miction. En revanche, elle ne permet pas d’affirmer que le stop-pipi provoque à long terme une rétention chronique, des lésions de la vessie ou des infections urinaires.
Le périnée peut-il aider à contrôler l’éjaculation ?
Quelques études suggèrent qu’une rééducation spécialisée du plancher pelvien pourrait aider certains hommes présentant une éjaculation précoce.
Mais attention au raccourci : les programmes étudiés ne consistaient généralement pas en quelques contractions réalisées seul. Ils associaient notamment exercices musculaires, apprentissage du contrôle, biofeedback et parfois électrostimulation, avec un suivi professionnel.
Les études restent peu nombreuses et hétérogènes. On ne peut donc pas conclure que de simples exercices de Kegel constituent à eux seuls un traitement établi de l’éjaculation précoce. Les principales recommandations urologiques internationales ne les placent d’ailleurs pas actuellement parmi les traitements de première intention.
Faut-il donc faire du stop-pipi contre l’éjaculation précoce ?
Non. Aucune étude identifiée n’a montré que le fait d’interrompre réellement son jet d’urine permettait de retarder l’éjaculation.
Renforcement pelvien et prise en charge globale
Si vous souhaitez travailler votre plancher pelvien, retenez plutôt ceci : vous pouvez apprendre à contracter comme si vous vouliez arrêter le jet, mais faites les exercices lorsque vous n’urinez pas.
Et lorsqu’une éjaculation précoce devient source de gêne ou de souffrance, mieux vaut envisager une prise en charge globale plutôt qu’une technique isolée.
Références
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https://doi.org/10.1111/iju.14092
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https://doi.org/10.1016/j.physio.2019.01.002
Pastore AL, et al. (2012). A prospective randomized study to compare pelvic floor rehabilitation and dapoxetine for treatment of lifelong premature ejaculation.
https://doi.org/10.1111/j.1365-2605.2011.01243.x
European Association of Urology. Guidelines on Sexual and Reproductive Health.
https://uroweb.org/guidelines/sexual-and-reproductive-health-2026/chapter/disorders-of-ejaculation


